Historique du Festival International

Imaginez un festival bisannuel qui, aux premiers temps (1986, 1988), a accueilli pour la première fois en Belgique, Peter Book, Augusto Boal, le Théâtre des îles et celui de la Mer d’Aral. Puis qui, en 1990, fut le premier festival de théâtre de rues de Bruxelles avec notamment, en 1992, un inoubliable spectacle contre la peine de mort.

Mais qui surtout, depuis 1994, mieux connu à l’étranger sous le nom de Festival international de théâtre en résistance, est devenu itinérant, irriguant pendant tout le mois d’octobre plus de cinquante villes, banlieues, villages de la communauté française : en fait plus d’une soixantaine de salles, du centre culturel au foyer de l’association locale, de la maison des jeunes au préau de l’école ou au centre d’accueil pour réfugiés.

Tous les deux ans, il est un moment-clé dans le travail de réflexion et de création des ateliers de théâtre-action et de leurs publics, à qui il propose plus de 150 représentations de spectacles venus d’ailleurs : soit au cours de ces six dernières éditions, une moyenne de 13 créations théâtrales le plus souvent en première mondiale, jouées chacune de 3 à 20 fois.

Mais surtout, à cette diffusion de grande ampleur, il associe la décentralisation d’une quarantaine de spectacles réalisés ici.

Si les premières éditions du festival se sont déroulées en un seul lieu, Bruxelles (Botanique), il s’avérera rapidement que s’il voulait atteindre le public qu’il veut toucher, celui-là même qui ne fréquente pas les lieux dévolus au théâtre, le Festival devait être décentralisé vers les lieux investis par les compagnies de théâtre-action et les partenaires culturels de proximité (centres culturels, ONG, éducation permanente, maison des jeunes, associations…)

C’est ainsi qu’en 1993, le concept tout à fait original d’un festival itinérant voit le jour. Telle une caravane de spectacles, le FITA déambule de villes en villages nourrissant de véritables espaces de rencontres où les pratiques artistiques et les réalités culturelles s’échangent ou se renforcent.

D’édition en édition, de rencontres théâtrales en réflexions communes, d’échanges de pratiques en pratiques d’échanges, certains de nos partenaires théâtraux ont coiffé la casquette d’organisateur en persuadant leurs partenaires culturels d’organiser et d’accueillir cette caravane de spectacles chez eux.

En 1998 des spectacles belges et étrangers ont franchi la frontière pour aller jouer en France et en Italie. Les éditions 2000 et 2002 du FITA ont confirmé et structuré l’ouverture de l’aire européenne du festival entamée en 1998 avec des incursions aux Pays-Bas et au Grand-duché de Luxembourg1 . Cette extension géographique s’est consolidée en 2004 par la participation renouvelée des partenaires-organisateurs2 français, luxembourgeois et italiens.

Le FITA 2004 a marqué une nouvelle étape dans l’histoire du festival. En effet,  trois compagnies de théâtre-action de la Communauté française de Belgique se sont associées à  des compagnies venues d’ailleurs pour coproduire des créations transcontinentales sur des thématiques communes :

  • « L’ardoise » spectacle traitant de la dette du Tiers-Monde, une coproduction entre la Belgique, le Sénégal et le Burkina Faso.
  • « L’or bleu ? », spectacle traitant de la problématique de l’eau dans le monde une coproduction entre la Belgique, le Rwanda, l’Inde, la Palestine.
  • « Simùn », spectacle traitant de l’errance des jeunes aujourd’hui, une coproduction entre la Belgique, la Sicile et la Palestine.
  • De même, en 2006, « Revenez lundi », spectacle traitant de la précarité, rassemblait le Théâtre du Campus et le Théâtre Parminou du Québec, tandis que les Théâtres du Copion et du Public poursuivaient leur partenariat de coproduction avec le Burkina-Faso et la Palestine.

Après 8 éditions décentralisées du FITA, en 2010, le CTA et les compagnies s’accordent pour organiser ensemble une édition spécialement centralisée sur la ville de Liège où siègent quatre compagnies de théâtre action. L’objectif visé est d’affirmer la dimension politique spécifique du mouvement tout entier.

En 2013, il se redéploie sur 4 provinces, avec la collaboration de 8 compagnies.

Les compagnies internationales programmées aux différentes éditions du FITA

1986

1988

1990

1992

1994

1996

  • « Joe Lobotomi » par Manicomics Teatro Italie
  • « Voyage organisé, aller simple, première classe » par Manicomics Teatro Italie
  • « Un puits pour Kobulga » par l’Atelier Théâtral Burkinabé Burkina Faso
  • « Hortense » par le Centre Artisanal des Femmes de Ouagadougou Burkina Faso
  • « Le Président » par les Intrigants RD Congo
  • « Voyage sur le fil du rasoir » par le Pstrag Theater Pologne
  • « En attendant la marée » par le Théâtre du Levant France
  • « Pineto blues » par I Perturbati Italie

1998

  • « Je suis comme je suis » par le Théâtre de l’Albatros Reims-France
  • « Adieu l’Europe » par Wend Kuny Burkina Faso et le Théâtre du Copion Belgique
  • « Bania Machina », « Taangiya Chaap » et « Bisa Bazaar » par Natya Chetana Orissa-Inde
  • « L’or du Diable » par l’Atelier Théâtral Burkinabé Burkina Faso
  • « Lailat Alamor » par Gaza Theater Lab Gaza-Palestine
  • « Mon Paradis d’Enfer » par le Théâtre Parminou Québec-Canada
  • « Damaged Care » par le San Francisco Mime Troup San Francisco-USA
  • « Balla, Balla, Ballerino » par I Perturbati Pescara-Italie

2000

« Le choix » par Théâtre Hamazgayin Arménie
« Mondialissimo » par Théâtre du Levant (Fr), Théâtre Parminou (Québec), Acteurs de l’Ombre et Cie du Campus (Bel)
« Sahmatah » par Al-Middan Theater (Arabes d’Israël)
« Sapan ra sapan » par Natya Chetana (Inde)
« Kaatha » par Natya Chetana (Inde)
« Welcome to hell » par Theater for Everybody (Palestine)
« Wend Kuny » par le Centre Artisanal des Femmes Wend Kuny (Burkina Faso)
« Zaouia » par Les Compagnons de Nedjima (Algérie)
« Balla, balla, ballerino » par I Perturbati (Italie)
« Collage » par Pstrag Theater (Pologne)
« Danse avec figures » par Pstrag Theater (Pologne)
« Monsieur Monde » par Cie Gilles Pajon (France)
« Qu’est-ce que c’est ce cirque ? » par Théâtre du Fil (France)
« Révolte » par Théâtre de Jade (France)
« Saleté de solitude » par Manicomics Teatro (Italie)
« Siamo momentaneamente assenti » par Isola del Tesoro, Teatro Guascone (It), Cie du Campus et Collectif 1984 (Bel)
« Utopies/prophéties » par Azimut Théâtre (France)
« Zone barbare » par Théâtre de l’Arcane (France)

2002

Le Fil Noir – Compagnie Zigas (Togo)

Les Belles Mères – Daara Ji (Sénégal) Théâtre du Baobab (Burkina Faso) Théâtre du Copion et asbl Terre (Belgique)

Les Haragas – Sanabil Onza (Maroc) Graines de Soleil (France)

Opcion Cero- Teatro de los Elementos (Cuba)

La lune les fera se repentir – Che Vo’ (Uruguay)

Check Point – Theater for Everybody (Palestine)

Natya Chetana – Atelier de formation (Inde)

A l’attaque – Azimut Théâtre (Nantes)
Les ramasseurs de miettes – Théâtre du Levant (Paris)
Silence, on gueule – Ophélia Théâtre (Grenoble)
J-3 – Théâtre de l’Arcane (Marseille)
Monsieur Monde – Compagnie Gilles Pajon (Ardon)
Jeux de mains – Compagnie Paroles (Limoges)
Ecole – Théâtre du Fil (Paris)
La visite aux familles – Florian Espace,Teatro stabile d’Innovazione (Italie) et Cie du Campus (Belgique)
Ecce Homo – Manicomics (Piacenza)
Un po’ di verità – Spalle Bagnate (Florence)
L’Urto – Il Laboratorio (Florence), Collectif 1984 et Cie du Campus (Belgique)

 

2004

L’Or Bleu ? (Belgique, Rwanda, Palestine, Inde)

Wedrujace Cafés (France, Maroc, Pologne)

Simùn (Belgique, Italie, Palestine)

L’Ardoise (Belgique, Sénégal, Burkina Faso)

Le linge Sale (Togo)
La Vénus Noire (Burkina Faso)
Une histoire brésilienne (Brésil)

 

2006

Aquasou Théâtre du Copion (CFB) et de l’association ASMADE (Burkina Faso)
Revenez lundi Compagnie du Campus (CFB) et du Théâtre Parminou (Québec)
Tripalium Collectif 1984 (CFB) et de Laboratorio Amaltea (Italie)
Les murs tombent, les mots restent – Théâtre du Public (CFB) en collaboration avec le Theater for Everybody (Palestine)
Le fil Théâtre du Copion (CFB), l’asbl Autre Terre (ONG du Groupe Terre, CFB), l’association Daara Ji (Sénégal) et le Théâtre du Baobab (Burkina Faso)
Au coeur des ténèbres Théâtre Croquemitaine (CFB), de Vietnam Plus, Mékong Plus, Oxfam-Québec (Vietnam)
Résistance resistência Ophélia Théâtre (France) et de l’association Pe No Chao (Brésil)
Temps récupéré Compagnie du Laccio rosso (Italie)
L’Escogriffe Compagnie Gilles Pajon (France)
La tentation du bazooka Théâtre de l’Arcane (France)
Les ramasseurs de miettes II Théâtre du Levant (France)
Inculture(s) par Franck Lepage (France)
Les soldats inconnus Graines de Soleil (France), de l’Institut Français de Casablanca, de l’Institut Culturel Français de Marrakech (Maroc) et de la compagnie Les Gueules Tapées (Sénégal)

2008

2010

2013

  1. Sans parler de l’extension à la Flandre en 2000.
  2. Compagnies de théâtre-action belges ou étrangères qui prennent en charge, avec des partenaires culturels, l’organisation du FITA dans leur région.